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Article de presse de S.E.M. Mikhaïl Golovanov, Ambassadeur de la Fédération de Russie en République de Djibouti, sur la contribution russe à la lutte globale contre le coronavirus Covid-19
La situation actuelle mondiale créée par la propagation de la pandémie du Covid-19 a clairement montré l’indisponibilité des mécanismes nationaux et internationaux de gestion et de contrôle à faire face à telles pandémies. Il y a plus de 5 millions de personnes infectées dans le monde, le nombre de décès a dépassé 340 000 malades.
Depuis le début de la propagation rapide globale de l’infection la Russie participe activement aux efforts collectifs pour faire face à la pandémie et combattre ses conséquences. Le gouvernement russe comprend qu’il ne sera possible de relever ce défi sans précédent pour l’humanité dans l’histoire contemporaine qu’ensemble. On fait beaucoup de choses en Russie même, on essaie d’apporter une aide conséquente à d’autres États.
Dans l’espace post-soviétique la Russie apporte une aide significative à l’Arménie, au Belarus, à l’Ouzbékistan et à la Moldavie dans la lutte contre la pandémie de coronavirus. La partie russe a déjà envoyé à Minsk et Erevan plusieurs chargements gratuits de tests pour dépister le coronavirus et d’autres types de matériel. Nous aidons également le Belarus via les mécanismes multilatéraux. Ainsi, dans le cadre du Programme des Nations unies pour le développement, la Russie répartit l’argent de sa cotisation prévue pour le projet "Contribution au développement du Belarus lors de l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce", grâce à quoi une certaine somme servira à l’achat de tests rapides et d’autres objets pour Minsk. Compte tenu de la situation actuelle, afin d’aider l’Ouzbékistan, les autorités russes ont gratuitement envoyé à leurs partenaires des systèmes de dépistage du virus fabriqués par l’entreprise « Vektor » faisant partie de l’agence Rospotrebnadzor. Le 17 avril a.c. à Moscou a été signé un accord intergouvernemental pour accorder à Chisinau un crédit public russe. La Russie est en cours de la préparation du groupe de ses médecins et du matériel à envoyer au Kazakhstan.
L’aide russe accordée à l’Italie a été reçue avec gratitude par la population italienne. L’aide apportée aux Italiens par la Fédération de Russie dans la lutte contre la prolifération du coronavirus est humanitaire et n’est associée à aucun agenda politique. La décision d’envoyer une vaste aide dans la région des Apennins a été prise à l’issue d’un entretien téléphonique du Président russe Vladimir Poutine avec le Président du Conseil des ministres de l’Italie Giuseppe Conte le 21 mars a.c., après la demande de ce dernier adressée au chef de l’État russe. En plus de tout cela, 11 avions russes ont livré en Serbie 87 médecins militaires, des virologues, des spécialistes en matière de la défense chimique et biologique, du matériel médical spécial et des équipements de protection. Le 1 avril 2020 un avion de Forces aérospatiales russes avec des masques médicaux et du matériel médical à bord est parti pour les Etats-Unis. Cette décision est intervenue à la suite d’une conversation téléphonique entre les dirigeants des deux pays, lorsque Vladimir Poutine, président russe, et Donald Trump, leader américain, ont exprimé leur grave inquiétude quant à l’ampleur de la propagation du coronavirus à travers le monde.
En plus la Fédération de Russie s’efforce également de prêter assistance aux États africains. Les gouvernements d’Algérie, d’Égypte, de Libye, de Mauritanie, du Maroc, du Soudan et de Tunisie se sont tournés vers la Russie afin de conduire la lutte commune contre le coronavirus. La partie russe a déjà envoyé des médicaments et des kits pour le dépistage du Covid-19 à la République Démocratique de Congo et à la République Guinéenne. Compte tenu de la crise actuelle en Éthiopie, au Kenya, à l’Ouganda et au Soudan liée à l’invasion des criquets, le Gouvernement de la Fédération de Russie a octroyé 10 millions de dollars pour aider ces pays à faire face à la menace de la famine. Les ministères et autorités russes concernés ont l’intention de fournir du matériel médical aux pays africains touchés et, tout d’abord, des ventilateurs, des kits de dépistage, des équipements de protection individuelle, des désinfectants et des consommables.
En 2014-2016 les pays de l’Afrique de l’Ouest ont déjà mené une bataille contre la propagation de l’épidémie d’Ebola. Au cours de cette période les infectiologues russes du Centre russo-guinéen d’épidémiologie et de prévention des maladies infectieuses ont largement contribué à la défaite de cette maladie. En ce moment les États de la Corne de l’Afrique, y compris le Djibouti, mènent une guerre sur deux fronts – contre le coronavirus et les maladies vectorielles, c’est-à-dire le paludisme, la dengue et le chikungunya. À la fin d’avril 2020 l’Ambassade de la Fédération de Russie a organisé la cérémonie de remise au Ministère de la Santé de la République de Djibouti de 13,5 tonnes de don russe en médicaments et équipements médicaux destinés à la prise en charge des maladies vectorielles.
Au début de mois d’avril 2020 des certains médias ont émis des doutes sur les statistiques officielles du nombre de morts du coronavirus enregistrés en Russie. Leurs journalistes essayaient d’entendre raison du faible taux de mortalité mais finalement ils sont parvenus à la conclusion erronée. Il y a quelques jours dans une émission intitulée « Épidémie » réalisée et publiée par RussiaToday sur Youtube Denis Protsenko, médecin-chef de l’hôpital moscovite de Kommunarka où sont soignés des malades du Covid-19, a expliqué que le scénario italien de l’épidémie de coronavirus a permis à la Russie de s’y préparer et de prendre conscience de la menace. D’après lui, le système de santé à Moscou, où se trouve la moitié des patients, était prêt à les accueillir en nombre. Comparé aux autres États, la Russie a connu tardivement une vaste vague de personnes infectées. Les experts russes en immunologie sont convaincus que nous avons beaucoup de cas guéris grâce à l’immunité grégaire de citoyens russes. En plus, il convient de noter que notre système de la santé publique se caractérise par l’inclusion sociale. Les activistes sociales signalent de la méconnaissance des intérêts des groupes vulnérables dans certains pays. Malheureusement, des personnes âgées vivant dans des maisons de retraite, des familles à faible revenu, des migrants et refugiés sont devenus marginalisés. Sauver la vie des plus jeunes, forts et riches, c’est un cynisme qui n’a pas sa place dans le monde civilisé.
Dans ces temps difficiles pour l’humanité la Russie a présenté de nombreuses initiatives judicieuses, y compris une levée de sanctions internationales au niveau de l’Organisation des nations unies afin de faciliter le combat global contre le coronavirus. Mais hélas, la proposition n’a pas été adoptée.
C’est avec grand regret que nous avons appris la déclaration du Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo concernant les plans de Washington de réduire la contribution financière des États-Unis à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette position semble non constructive au regard de l’ampleur grandissante du Covid-19. La Russie soutient l’appel du Directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus à éviter la politisation de la situation autour de la pandémie. Le coronavirus est un défi pour toute la communauté internationale, et qu’une lutte renforcée contre la pandémie n’est possible que de concert, avec la participation de tous les pays. Moscou a pris la décision d’allouer une somme conséquente en soutien aux efforts de l’OMS pour combattre l’infection.
Comme cela a déjà été indiqué, la Russie a une grande expérience dans le cadre de la lutte contre les maladies infectieuse. Nos spécialistes ont testé avec succès un médicament qui pourrait devenir l’un des plus efficaces contre le coronavirus. Les premiers résultats de l’étude clinique du médicament Favipiravir offrent l’espoir de mettre fin à cette pandémie.
En conclusion, je voudrais noter que la situation actuelle liée au Covid-19 est sans précédent et cela demande de nouveaux formats de coopération internationale afin de réduire le risque de reprise de telles pandémies, par exemple, des centres internationaux de surveillance et d’analyse des informations scientifiques pour la prévision de nouvelles infections potentielles ou des centres internationaux pour l’éclaircissement de la population. Ces initiatives peuvent être réalisées au niveau bilatéral ou dans le cadre des organisations internationales. Néanmoins, il est logique de renforcer les normes internationales dans le domaine du contrôle des virus dangereux en vue de ne pas laisser aucune partie profiter de telles situations à des fins politiques ou des avantages économiques supplémentaires dans des conditions d’instabilité. La réalisation de la vulnérabilité universelle et égale de tous les États sans exception pourrait être un motif en faveur de cette idée. Donc, pour la préservation et le développement de l’économie mondiale, contacts politiques et socioculturels, la communauté internationale doit parvenir à une coopération afin d’assurer la sécurité biologique.
Par S.E.M. Mikhail Golovanov, Ambassadeur de la Fédération de Russie en République de Djibouti
